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Electrosmog Montréal, 0.1 MHz - 144 MHz - 2012

Le spectre des radiofréquences est au coeur des activités de télécommunications, il est employé entre autres par les services de police, de santé, de transport ou encore les forces armées. À usage domestique, il permet le fonctionnement des équipements sans fil ou mobiles. Ressources pour les uns, menaces sanitaires pour d’autres, les champs électromagnétiques se multiplient depuis le début de l’électrification. Dans la série Electrosmog, Jean-Pierre Aubé s’intéresse aux radiofréquences ambiantes, qui, pour lui, forment un territoire singulier, caractérisé par sa densité et par les enjeux politiques et économiques qu’il porte. Équipé d’une radio, d’une antenne et d’un logiciel qu’il a lui-même conçu, l’artiste balaie un spectre de fréquences dont l’étendue se trouve très exactement formulée dans le titre de l’oeuvre. Tous les dixièmes de seconde, cet appareillage capte des données qui représentent une mesure de la puissance de perturbation électromagnétique sur une fréquence précise. Ces données sont utilisées pour créer un « documentaire sonore » qu’Aubé accompagne d’images de Montréal, altérées par les mêmes enregistrements préalablement recueillis.



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Electrosmog 824-894 MHz - 2010

face A : 18 lignes tirées de la Table d'allocation des fréquences du Canada
Base de données gravées sur vinyl, Recherche par zone géographique avec les cordonnées 45 °3124 nord et 73 °3516 est. Source : Industries Canada Source : Industries Canada

face B : Electrosmog 824 – 890 MHz
Récepteur radio USB contrôlé par ordinateur, antenne Yagi 800-900 Mhz, logiciel artisanal de balayage d'ondes et d'enregistrement audio, 18 pistes audio exécutées simultanément de radio-fréquences entre 824 et 890 Mhz : téléphone cellulaire, tour micro-ondes et communications d'Urgence Santé.

Artwork : Toutes les antennes radio dans un rayon de 120 km de mon studio
Coordonnées géographiques et hauteur de 28 840 antennes, logiciel artisanal d'imagerie numérique et de cartographie. Source : Industries Canada

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31 soleils (Dawn Chorus) - 2010

Vidéo d`un transit solaire en H-Alpha, 31 fréquences radio dans les bandes LF, synthétiseurs Analog Solutions Leipzieg-r, DIY Atari Punk Console, Icom PCR-2500, logiciel E-Smog-Scan créé avec Processing

Trame sonore
31 soleils est une installation vidéo qui utilise un logiciel (e-smog-scan) une antenne (G5RV) et une radio USB (Icom PCR) afin de capter les apparitions des stations radio à l’aube. Automatique le système syntonise une fréquence radio, analyse la présence de signaux les enregistre et les compile dans une base de données. Pour chaque journée de captation le système créé un graphique, celui-ci permet de voir les déplacements et variations de puissance des ondes induites par le soleil.

Ces images/graphique sont ensuite utilisées comme partition, elle sont reliées aux fréquences radio, aux modifications qu’elles subissent. Une suite de synthétiseurs rejoue cette partition, elle rythme les perturbations de chacune des 31 fréquences analysées. Lorsque le vide du silence radio est rompu par une station radio, le rythme du synthé fait place au son de la station captées. Apparaît alors la voix des preachers américains, de la propagande cubaine, de Radio Taiwan, ou même une balise de sous-marin Russe, toutes rendues audibles par la puissance de l’astre solaire.

Transit solaire
L’image du soleil fut captée à l’aide d’un télescope solaire en H-Alpha (Coronado PST). Ce type d’optique ne laisse passer que la lumière rouge et ce dans une longueur d’ondes très précise; celle de l’hydrogène. Puisque le soleil est principalement composé d’hydrogène, l’image produite accentue les différences de température à sa surface. A travers le télescope, le soleil devient monochrome rouge. La texture à la surface montre des tâches solaires des centaines de fois plus grande que la terre: au centre de l’image un pixel correspond a 26 000 km. Au zénith, le contour du disque rouge laisse voir les protubérances solaires, éjection composée de plasma. Filmé les jours des captations radios, la vidéo montre l’état du soleil, de son activité, celle qui modifie la propagation des ondes.



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Electrosmog Tallinn - 2009

Électrosmog est un système qui rend audible et visible les radiations électromagnétiques traversant un espace spécifique. Utilisant un appareil composé d'une antenne, d'un récepteur radio et d'un logiciel informatique, ce système agit comme une super-télécommande de téléviseur et qui automatise la captation de fréquences radios. Ultrarapide, le logiciel capte 10 fréquences par seconde, les analyse et les classe dans une base de données. Recomposé à partir de 48 000 clips audio de 0.01 à 125 MHz, Électrosmog à Tallinn fut capté le 15 novembre 2009 sur les rives de la Baltique en Estonie. Il s'agit d'ailleurs d'élaborer un système portable, pouvant s'adapter à différents environnements, afin de capter la présence et la force des radiofréquences dans différents lieux.

Alors que de plus en plus de technologies sans fil s'implantent dans les milieux urbains, la communauté scientifique n'arrive à aucune conclusion quant aux effets de la présence grandissante des radiations électromagnétiques. En rendant visible et audible l'occupation active et continue de l'espace par des milliers de radiofréquences, Électrosmog témoigne d'une saturation de ces espaces traversés par des ondes, véritables territoires occupés.
Créé avec Processing



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Cycle - 2008

8 haut-parleurs intégrés à la Galerie, 198 mètres de fils, 4 amplis de voiture, interface musicale pour instruments numériques (MIDI), 2 ordinateurs, logiciel de spatialisation sonore et 3 caissons de transport

Système octophonique de diffusion sonore réalisé à partir de l’ensemble des enregistrements d’ondes myriamétriques



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Titan et au-delà de l'infini - 2007

Le 14 janvier 2005, après un voyage de 7 ans et de 3 milliards de kilomètres, le drone Huygens atterit sur Titan, une lune en orbite autour de Saturne. Après une descente de 2 heures 30 minutes, le petit vaisseau spatial automatisé envoya un message radio d'une durée de 2 minutes. Ce fichier sonore comprenait les données télémétriques captées par les différents senseurs de la sonde. Il s'agit en fait d'un carnet de voyage, le journal d'une exploration d'une contrée jamais visitée.

Ces données récoltées lors de la chute de Huygens sont aujourd'hui disponibles sous forme de fichiers informatiques par L'Agence spatiale européenne. Titan, and Beyond the Infinite utilise les données réelles de Huygens et des outils d'interprétation scientifique.

Pour réaliser cette vidéo, j'ai d'abord programmé un logiciel qui compile et organise les données sous forme de graphique. Ce logiciel traduit en d'images les différentes métriques des 11 instruments à bord de Huygens. Le titre est une référence directe à une scène de 2001 Odyssey de l'espace : Jupiter, and Beyond the Infinite, communément appelée the Stargate Sequence. Douglas Trumbull réalisa cette scène. Trumbull était illustrateur technique pour la Nasa à l'époque où Kubrick l'engagea. Il adapta pour le cinéma la technique du slit scan, effet d'origine photographique où de longs temps d'exposition sont associés à des mouvements de caméra pour créer l'illusion de déplacement. Les données de Huygens sont donc organisées sous forme de graphique, puis compilées par un algorithme. Les données comme la vitesse, l'altitude, la densité de l'atmosphère de Titan, sont analysées et traduites par mon logiciel d'imagerie virtuelle.



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Élegance - General Electric - 2005

Domestication des propriétés sonores d'un électroménager.
Depuis quelques années, j'utilise un réfrigérateur de marque General Elcetric modèle Elégance fabriqué au début des années 80. Ce frigo occupe l'espace sonore de mon appartement, au fil du temps, diverses altérations mécaniques ont modifié ses propriétés acoustiques.

Pour expliquer les phénomènes captés par les récepteurs de Save the Waves, j'utilisais l'analogie des bruits produits par les réfrigérateurs, objet domestique commun qui vibre au hasard des déclenchements du compresseur. En effet, les appareils électroménagers oscillent à la même fréquence que le système qui lui fournit son énergie, c'est-à-dire 60 cycles par secondes (60hertz). Elégance - General Electric, circa 1982, utilise les techniques de sonorisation propre au studio d'enregistrement. Enfermés à l'intérieur de mon réfrigéateur, coupés du monde, des microphones sont disposés à différents endroits stratégiques. Sous haute surveillance mon frigo fera donc l'objet d'une analyse méticuleuse, ses moindres vibrations seront épiées et amplifiées des milliers de fois.

Dans Our sonic Environement and the Soundscape, R. Murray Shaffer explique que certaines études ont démontré la capacité que nous possédons d'éluder certains sons de notre environnement sonore, parmis eux, les vibrations induites par le 60 hrz, donc les electroménagers. Depuis la révolution électrique, les milieux urbains vibrent à l'unisson de tous ces appareils électriques. Des simples lumières au plus gros générateur, tous participent à produire un paysage sonore aux harmoniques complexes. Depuis quelque temps donc, lorsque la ville est endormie j'écoute attentivement mon frigo.



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Spying the Electromagnetic Workforce - 2005

CALENDRIER
12.2006 Dataesthetics - Nova Gallery - Zagreb Croatie
09.2006 Festival @rt Outsiders - Paris - France
04.2006 V2 - Rotterdam - Pays-Bas
02.2006 Madrid MediaLab - Madrid - Spain
08.2005 ZKM - Karlsruhe - Allemagne



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Photo-Synthèse - 2004

A toutes les 10 secondes, un micro-contrleur interroge une cellule photo-lectrique colle la fentre de mon studio montralais. De faon gnrale, on peut dire que moins il y a de lumire, plus la cellule photo-lectrique rsiste. Ainsi, la valeur de cette rsistance varie selon la luminosit ambiante. Ces valeurs sont d'abord values par un dcodeur analogue/digital, puis transmises un micro-ordinateur. Stockes dans une base de donnes, elles sont classes par ordre chronologique.

un nombre = un pixel = 10 secondes / (( une journe = 1440 minutes ) x 10 secondes) x 72 dpi = 44 pouces

Ces valeurs sont ensuite analyses et transposes en pixels. La quantit journalire des valeurs gale 8646. Si on imprime cette image, elle aura 44 pouces. Ce dispositif est donc une machine peindre utilisant la lumire du soleil. Les technologies digitales sont d'une prcision chirurgicale: le convertisseur analogue/digital 12 bits que j'utilise permet 8192 tons de gris.

Il y a un macro-phnomne l'chelle sidrale: celui du soleil et de la rotation de la terre. cette chelle, les phnomnes sont prvisibles. Nous sommes capables de prvoir quelle heure se couchera le soleil un endroit prcis, et ce pour des dizaines de milliers d'annes venir. Par contre, sur le toit de ma maison, une multitude de micro-variations influencent la luminosit: les nuages, les lumires artificielles du milieu urbain, la pollution atmosphrique, etc.



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Save the Waves - 2004

Par un dispositif imposant, l'installation Save the Waves de Jean-Pierre Aubé rend audible les mouvements des champs électromagnétiques habituellement imperceptibles.

Depuis l'été 2000, Aubé fabrique des récepteurs d'ondes VLF (VLF - very low frequency). Comparables à des récepteurs radios, ceux-ci lui permettent d'enregistrer des fluctuations de la magnétosphère et d'entendre des sons émis par les phénomènes électromagnétiques comme les aurores boréales et les éclairs.

Pour réaliser le projet VLF-Natural Radio (2000-2003), Aubé a parcouru différents territoires isolés : une île sur le Saint-Laurent, un lac en Laponnie finlandaise et les rives du Loch Ness en Ecosse. Ces expériences devaient être faites loin des milieux urbains puisque les signaux V.L.F. sont sensibles aux lignes de transmission électrique. Le projet à Quartier Ephémère propose d'inverser le processus de VLF-Natural Radio, afin de sonoriser et d'amplifier la pollution électromagnétique.


Jérome Delgado - La Presse
Isa Tousignant - Hour
Julie Bouchard - Le Soleil


Jean-Pierre Aubé remercie André Théberge, Christian Bouchard, Mathias Delplanque, Emmanuelle Léonard et Michel de Broin



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Nocturne - 2004

Réalisée suite à une résidence à Passerelle l'installation Nocturne a comme point de départ le phare du Créac'h situé sur l'île de Ouessant. Le phare, un des plus puissant au monde, projète toutes les 10 secondes 2 signaux lumineux. J'ai d'abord filmé le phare la nuit et créé une boucle de 10 secondes. Collées à la surface de l'écran d'ordinateur, 2 cellules photoélectriques analysent la lumière qui émane du phare. Lorsque la luminosité du phare atteint un certain niveau les capteurs de lumière envoient un signal à un micro-contrôlleur qui active une série d'événements. Utilisé comme console audionumérique, l'ordinateur reçoit des données du micro-contrôlleur et accorde les niveaux sonores aux rythmes du phare.
Le système de hauts parleurs paraboliques a été réalisé spécifiquement pour Passerelle. À l'aide d'un système de compression, les 2 composants principaux sont construits pour optimiser l'effet directionnel du son. Le caisson de basses est copié sur un modèle Electro-Voice des années 70.



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V.L.F. Natural Radio - 2000

La terre est englobée d’un puissant champ magnétique que l’on nomme magnétosphère. Puisque la terre n’est pas un système inerte, la magnétosphère subit constamment des perturbations; les orages électriques, les vents solaires, les aurores boréales.
Par exemple lorsqu’un éclair frappe, un signal électrique d’une forte puissance est propagé dans l’espace et fait osciller le champ magnétique de la terre.
D'une technologie similaire a celle de la radio, les recepteurs VLF captent les phénomènes qui troublent le champ magnétique de la terre, c’est pour cette raison que l’on nomme ces sons Natural Radio.
Commentaires sur la disparition annoncée d’un phénomène naturel.
Les ondes VLF occupent un espace presque vierge de toute transmission de télécommunications. Par contre, la technologie rend aujourd’hui possible l’utilisation des fréquences VLF. Les ondulations produites par les émetteurs prennent la place des ondes naturelles émises par les aurores boréales et les différents phénomènes climatiques. Par exemple, les sous-marins russes ou les balises horaires américaines utilisent les fréquences VLF pour communiquer. Par leur puissance, ses signaux hertziens supplantent les phénomènes naturels présents sur les féquences VLF. À moyen terme, les ondes VLF seront complètement enfouient sous les différents systèmes de télécomunication.

On participé à ce projet depuis 2000
Mathias Deplanque aka LENA, Mathieu Marguerin de Mainsdoeuvres, Le Centre culturel Canadien à Paris, Quartier Éphémère, André Théberge, Le Conseil des arts et des lettres du Québec,EST-NORD-EST, Emmanuelle Léonard, Rikka Suomi de la Finnish Artits Studio Foundation, Peter Ride du Centre for Arts Research, Technology and Education CARTE.



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Sédimentation - 1999

Montréal fut fondée à l’embouchure de la petite rivière Saint-Pierre et du Fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui disparue, enfoui dans les sous-sols du vieux-Montréal, la rivière Saint-Pierre est devenue caniveau. À l’aide de cartes historiques et de plans des égouts du Vieux-Montréal, j’ai retracé le lit de l’ancienne rivière. Equipé d'une pompe et de réservoirs agricoles, 2800 litres d’eau furent pompés à même là ou, jadis coulait la rivière. Transportée à Quartier Éphémère, l’eau fut pompée dans un système de filtration. Purifiée, elle alimente un aquarium rempli de 55 poissons rouges. Lorsque l’aquarium est plein, il déborde, l’eau s’échappe par le drain au centre de la galerie. Cette circulation dura 5 semaines.



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Machine à récupérer le vent - 1999

1999, Dare-dare, Montreal, Québec, Canada

Lorsqu’on alimente un moteur en électricité, l’axe de celui-ci tourne. Mais si on active l’axe du moteur, il produit alors du courant électrique ; il devient générateur. En fait, un moteur ou un générateur, c’est la même chose, cela dépend simplement d’où provient la source d’énergie. J’ai donc utilisé cette propriété des moteurs électriques et construit une éolienne de 10 mètres de haut.
Érigé sur l’île aux Lièvres et activé par les forts vents, le générateur a rempli 3 accumulateurs de voiture de courant électrique. L’éolienne a ensuite été exposée à l’horizontale dans la Galerie Dare-Dare. Les accumulateurs ont fait tourner l’éolienne pendant toute la durée de l’exposition.